Opéras

Deux opéras. J'ai composé deux opéras. Cela paraît dingue à lire et à écrire, d'autant plus que personne de les a vus ou ne les verra. L'un a été trop cher pour être monté ("Les Mnémophages, les mangeurs de mémoire") et l'autre a été brutalement arrêté au milieu de son développement ("La Danse de Salomé").

Je ne sais pas si je retournerai un jour dans ce genre. La question est : pourquoi en ai-je composé ? J'avais vingt deux ans et la terrible envie d'être reconnu en tant que compositeur. Quoi de plus insolent et remarquable que de composer un opéra ? Dont acte : j'en ai fait deux. 

Avec le résultat que l'on sait : mes plans n'ont pas du tout fonctionné et je n'ai pas été reconnu en tant que compositeur. Au fond, ce n'est pas grave. Ces deux énormes travaux (cela prend beaucoup de temps de composer un opéra!) ont été une école pour moi.

Et aujourd'hui, je sais que je ne suis pas compositeur, mais un façonneur de mondes sonores.

La Danse de Salomé (2002)

Opéra-ballet oriental sur la condamnation à mort de Jean-Baptiste par Salomé

La Danse de Salomé, c'est un peu ma pièce maudite.

La Danse de Salomé est à l'origine un long poème en prose, mystique et intense écrit par Charles Evans.La mise en musique de ce texte, en collaboration avec son auteur et retouché avec l'aide de la metteur en scène a été aussi passionnante que l'abandon du projet a été douloureux pour cause de dissensions venimeuses.

Pour rappel: Salomé, droguée par sa mère, danse si bien que le roi Hérode lui octroie ce qu'elle veut. Elle lui demande la tête de Jean-Baptiste - Iaokannan en araméen - sur un plateau.

Il semblerait que cette histoire ce soit répétée avec des personnages sensiblement différents. J'ai fini symboliquement décapité et cassé par cette (més)aventure : La Danse de Salomé a mis fin à mon envie d'être compositeur, à mes velléités d'en faire carrière.

Personnages:

  • Salomé - rôle dansé
  • Hériodias - alto
  • Hérode - rôle parlé
  • Iaokannan - rôle figuré
  • La cour du roi

Composition de l'orchestre :

  • 2 violons, 
  • alto, 
  • violoncelle, 
  • harpe, 
  • santur, 
  • ney, 
  • zurna, 
  • darbukka

Les Mnémophages, les mangeurs de mémoire (2001)

Opéra en 19 scènes sur le thème de la mémoire, de la transmission et de l'oubli...

Fraîchement diplômé à la faculté, j'ai eu une idée incroyablement orgueilleuse : voulant devenir compositeur, j'ai imaginé qu'en écrivant un opéra je serais repéré et connu plus rapidement.

Mariage étroit entre l'héritage classique et la culture rock, "Les Mnémophages" exposent les interrogations d'un jeune homme face à sa grand-mère qui a traversé tout le 20e siècle. Génération de l'oubli et de la surconsommation d'informations et d'images face à celle du souvenir.

Cet opéra a réclamé plus d'un an de travail étalé sur 2000 (encore sur les bancs de la fac !) et 2001. Malgré quelques espoirs de ma directrice de Magistère, ce projet n'a jamais été porté sur scène bien que le livret et la partition soient achevés.

Avec le temps, les changements de vie et les nombreux déménagements, livret et partition n'ont jamais été retrouvés ainsi que les maquettes faites au synthétiseur. Autrement dit, l'opéra a complètement disparu.

Livret et musique : Jean-Christophe Mouton

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