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Sans alcool

Photo: Simon Buchou, Unsplash

Il y a un mois, je me suis lancé un défi : arrêter toute consommation d'alcool. J'avais cette idée en tête depuis longtemps, je me souviens même l'avoir envisagée comme "bonne résolution" en début d'année. Puis, à la suite d'un coup de fil avec mon ami Franck, j'ai fini par être convaincu que l'expérience méritait d'être vécue.

J'ai donc choisi le 1er juin comme date de début. Et malgré deux écarts ponctuels (sans abus), je m'y suis tenu.

J'ai toujours su que ma consommation d'alcool était problématique. Je parlais de "gourmandise d'alcool", un bien joli mot qui cache une recherche réelle de l'ivresse. De plus, je sais que mon esprit se calait aux rendez-vous avec l'alcool. J'attendais avec délice l'apéro du vendredi qui venait conclure ma semaine.

Pour être transparent, ma consommation était de

  • 1 à 2 unités d'alcool chaque soir de la semaine
  • 4 à 5 unités d'alcool le vendredi soir et le samedi soir
  • 2 à 4 unités d'alcool le dimanche.

1 unité = 25cl de bière à 5°, 12cl de vin à 11°, 5cl de whisky à 40°

Donc, dans les semaines les plus chargées, on parle de 24 unités, soit plus du double de la recommandation de l'OMS (10 par semaine). Si je n'étais pas dans l'alcoolisme avéré avec dépendance physique, j'étais quand même en danger, comme 28% des français de ma tranche d'âge. Certains appellent ça la "phase d'alcoolisation", qui peut prendre des années, et qui laisse s'installer l'alcool dans le quotidien jusqu'à ce qu'on soit pris au piège.

Je suis amateur de grands whiskies, de bons vins et de bières artisanales. Mais sur l'année, est-ce que je bois de nombreux breuvages d'exception. Non : je bois du whisky trop jeune, du vin pas cher, de la bière de supermarché. Alors pourquoi je bois ça ? Pas vraiment parce que j'aime ça. Rare est le vin qui me charme, rare est la bière qui m'enchante, rare est le whisky qui développe une belle complexité. Non, je bois pour l'ambiance, je bois pour l'ivresse, pour la détente, pour le "tassement" et le ralentissement qu'elle procure. Je bois la molécule. Je bois parce qu'enfin les idées ralentissent un peu. Et c'est là le cœur du problème : l'alcool est mon anxiolytique.

C'est ce réflexe que je veux supprimer. Et après des échecs nombreux de "consommation raisonnée", j'ai donc relevé le défi de faire un arrêt total à durée indéterminée.

J'ai réussi -et sans réel effort, à dire vrai- à faire deux concerts ainsi qu'une (très) grosse soirée sans alcool. Après un mois, je peux déjà partager le bilan suivant :

Les points positifs

  • Je ne rebois que très, très ponctuellement
  • Et je ne cherche plus à m'abrutir (=je casse la logique de "l'alcool appelle l'alcool")
  • J'économise entre 10 et 15% à chaque course
  • J'ai perdu 3kg sans rien changer d'autre (même régime alimentaire, même activité sportive à savoir proche de zéro)
  • J'ai gagné en énergie, en vitalité
  • Je digère beaucoup mieux !
  • Les lendemains de fête existent, même en ayant dormi 3h
  • Je consomme moins d'anti-douleurs car moins de maux de tête
  • Mes sens sont plus à l'affût
  • Ma conscience est plus vaste (je ne sais pas le dire autrement, il faut le vivre pour le comprendre)

Les points négatifs

  • Je ne suis pas parvenu à la consommation 0 absolu
  • Je suis confronté à toutes mes angoisses
  • Je n'ai pas encore régulé mon sommeil et je me réveille trop tôt (vers 4h)
  • Ma conscience est plus vaste... et par moments, c'est fatigant.

Le bilan est très positif, même si je n'ai pas réduit ma consommation à 0. Et parmi les points négatifs se révèlent tout ce que je "traitais" en m'abrutissant de whisky, de bière, etc.: la gestion des angoisses et de l'hypersensibilité. Cela ma montre le chemin à suivre, les prochains défis à relever.

Je souhaitais partager avec vous cette expérience, car dans notre pays, l'alcool a très bonne presse (et souvent par le biais de l'humour), et j'en fus longtemps un ardent défenseur d'autant qu'il y a toujours de très bons breuvages à déguster avec plaisir et modération. Mais au quotidien, nous buvons souvent mal, de piètre qualité et nous ne gérons pas la quantité, ce qui nous met en danger sur le long terme. La fête est de suite associée à l'alcool alors que, croyez-moi, elle peut être tout aussi sauvage sans (j'en suis témoin). 

Si vous vous posez des questions sur votre consommation d'alcool, c'est déjà un bon signe ! "Est-ce que je bois de l'alcool par goût ? Ou pour un autre but ? Dans ce cas, lequel ?" Allez plus loin en osant faire un break total sur un mois, deux mois... Le secret est d'avoir pour chaque occasion une boisson facile de remplacement. Pour ma part: ice tea le soir, et virgin mojito en soirée !

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